Archives · Eventide

Lore de Striikz Le Lama

Du Projet Umbra au Nexus Noir — la chronique du Seigneur de l’Ether.

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Chapitre I

Genèse — Le Sujet « S-Lama »

L’existence de Striikz Le Lama ne figure dans aucune archive officielle de l’humanité. Aucune naissance enregistrée. Aucun monde d’origine. Aucune identité civile. Seulement une désignation froide et administrative : Sujet S-Lama.

Tout commence dans une installation secrète de l’, dissimulée bien au-delà des routes commerciales et des systèmes cartographiés. Une station de recherche noire, isolée, appartenant à une branche clandestine spécialisée dans l’étude des artefacts des et des anomalies cosmiques les plus dangereuses.

Le Projet .

L’objectif de cette division était clair, mais interdit : créer un organisme capable de survivre à une énergie inconnue découverte dans plusieurs ruines anciennes. Cette énergie fut nommée l’.

Aucun être vivant n’y résistait. Les humains mouraient en quelques secondes, leurs corps se dissous de l’intérieur. Les créatures génétiquement modifiées résistaient un peu plus longtemps avant de s’effondrer. Même les organismes synthétiques les plus avancés finissaient par se désagréger, comme si l’Ether Noir refusait toute forme de vie artificielle.

Face à ces échecs répétés, l’ASD lança une série d’expériences de bio-ingénierie interdites. ADN animal, tissus artificiels, modifications génétiques extrêmes… tout fut tenté pour créer un organisme biologiquement plus stable.

Des centaines de sujets furent testés. Tous échouèrent.

Jusqu’au Sujet S-Lama. Un lama génétiquement modifié, conçu spécifiquement pour supporter des niveaux d’Ether Noir que rien d’autre n’avait jamais supporté.

L’expérience devait être une simple exposition contrôlée. Mais au moment du contact, l’artefact se fragmenta violemment. L’Ether Noir ne se contenta pas d’entrer en contact avec le sujet : il fusionna directement avec lui. Il pénétra ses cellules, réécrivit son esprit, et s’imposa à sa conscience comme une seconde existence.

Puis le silence tomba.

Les communications furent coupées. Les systèmes de sécurité cessèrent de répondre. Des secteurs entiers de la station disparurent purement et simplement du réseau interne, comme si l’espace lui-même avait été plié.

Lorsque les équipes d’intervention réussirent enfin à pénétrer dans les laboratoires, il n’y avait plus aucun survivant. Seulement une fumée noire dérivant lentement dans les couloirs, collant aux parois, et des marques inconnues gravées profondément dans le métal.

Le Sujet S-Lama avait disparu.

Chapitre II

Eventide — Le Système Oublié

Des années plus tard, guidé par des visions et des signaux que aucune technologie humaine ne pouvait détecter, Striikz atteignit un système disparu des cartes stellaires.

.

Un système oublié, situé à proximité d’un trou noir lointain dont la présence perturbe lentement l’espace environnant sans jamais menacer directement les planètes du secteur. Le trou noir n’avale pas. Il observe. Il déforme. Il attend.

Autrefois, Eventide était un système prospère. Certaines archives fragmentées parlent d’océans immenses, de forêts denses et de cités avancées qui brillaient comme des joyaux dans le vide. Puis vint une guerre ancienne dont presque toute trace a disparu. Le système entier fut abandonné.

Aujourd’hui, Eventide n’est plus qu’un territoire fantôme. Les routes stellaires menant à la région ont disparu depuis des siècles. Les tempêtes ioniques empêchent les scans orbitaux de fonctionner correctement. Les anomalies gravitationnelles brouillent les systèmes de navigation longue portée au point de rendre toute approche extrêmement dangereuse.

Pour le reste de la galaxie, Eventide n’est plus qu’un mythe. Un cimetière cosmique que plus personne n’ose approcher.

Au cœur du système repose . Une planète désertique entièrement recouverte de dunes noires s’étendant à perte de vue. D’immenses tempêtes électriques bleues traversent régulièrement sa surface, illuminant le désert d’une lueur fantomatique avant de le replonger dans une obscurité presque totale.

Partout sur Nyxos subsistent les vestiges d’un passé oublié : carcasses gigantesques de vaisseaux ensevelis sous le sable, cités effondrées dont les tours brisées percent encore les dunes, monolithes noirs des Anciens, parfaitement lisses malgré les millénaires, structures cyclopéennes qui émergent parfois après les tempêtes comme les ossements d’un monde mort.

La nuit, lorsque les tempêtes se calment, il est possible d’apercevoir le trou noir d’Eventide au loin dans le ciel. Petit. Silencieux. Toujours présent. Comme une cicatrice cosmique qui n’a jamais cicatrisé.

Chapitre III

Inertie-Zéro

Guidé par des visions de plus en plus précises et par des signaux que seul lui semblait capable de percevoir, Striikz erra durant des années à travers les ruines de Nyxos.

Ces appels le conduisirent toujours plus profond sous les dunes noires, dans des structures oubliées appartenant aux Anciens. Des couloirs trop vastes, des salles dont la géométrie défiait la logique, des murs couverts de symboles qui semblaient bouger quand on ne les regardait pas directement.

C’est là qu’il découvrit une arme dormant depuis des millénaires.

.

Une faux relique forgée dans un métal noir absolu qui absorbe la lumière elle-même. Sa lame n’existe pas physiquement. Elle se manifeste sous la forme d’un plasma orange incandescent, tellement dense qu’il traverse la matière sans ralentir, sans résistance, comme si l’espace lui-même s’écartait sur son passage.

Aucune masse. Aucun blindage. Aucune structure connue ne semble capable de stopper sa trajectoire.

Mais Inertie-Zéro n’était pas une simple arme. Elle réagissait à l’Ether Noir présent en Striikz. Comme si elle l’avait attendu depuis le début.

Chapitre IV

Le Seigneur de l’Ether

Avec le temps, Striikz apprit à maîtriser l’Ether Noir. Cette énergie ne ressemblait à aucune technologie connue. Elle semblait vivante, ancienne, presque consciente. Elle murmurait. Elle poussait. Elle exigeait.

Grâce à elle, il développa une capacité interdite : .

Les êtres tombés au combat pouvaient être rappelés sous une nouvelle forme. .

Leurs corps sont reconstruits par l’Ether Noir. Structure renforcée, énergie bleu nuit traversée de fumée noire, yeux d’un orange brûlant identique à celui de leur maître. Elles obéissent toutes sans exception et sans la moindre hésitation. Elles ne ressentent rien : ni peur, ni douleur, ni doute, ni loyauté émotionnelle. Elles exécutent.

Les Ombres peuvent se régénérer, mais chaque régénération consomme de l’Ether Noir. En dehors des combats, Striikz peut les maintenir actives en permanence sans aucun coût. C’est uniquement lors des grandes batailles, lorsque de nombreuses Ombres sont gravement endommagées en même temps, que la consommation devient critique et dangereuse pour lui.

Classification des Ombres :

Ombres de Combat : les plus nombreuses. Anciens soldats, mercenaires et gardes. Elles forment le gros de l’infanterie et des équipes d’abordage.

Ombres de Pilotage : anciens pilotes, navigateurs et techniciens. Elles pilotent aussi bien les vaisseaux physiques que les vaisseaux fantômes avec une précision mortelle.

Ombres de Commandement : anciens officiers et stratèges. Elles peuvent diriger des groupes entiers de façon autonome selon les ordres de Striikz.

Ombres Profondes : créées dans des conditions d’Extraction extrêmes. Plus puissantes, plus résistantes, leur apparence est plus instable (fumée plus dense, contours moins nets). Elles restent totalement obéissantes, mais leur maintenance et leur régénération coûtent bien plus cher en Ether Noir.

L’Ether Noir confère également à Striikz une forme de . Il peut plier l’espace à petite et moyenne échelle, créer des distorsions locales, compresser la matière, ou ouvrir de brefs plis spatiaux. Son pouvoir le plus puissant — et de loin le plus dangereux — reste la création d’un . Une technique d’une violence absolue, capable d’effacer purement et simplement une zone de l’existence.

Ces sorts les plus puissants le fatiguent énormément. Ils lui provoquent une douleur interne intense, profonde, comme si son propre corps se déchirait de l’intérieur. Plus il y a recours, plus son apparence se dégrade temporairement : ses yeux deviennent entièrement noirs, une fumée sombre plus dense s’échappe continuellement de son armure, et même l’air autour de lui semble plus lourd.

Striikz possède aussi la capacité de prendre une . Dans cette apparence, il conserve ses yeux orange et violet, ainsi qu’une cicatrice marquée et permanente sur l’œil gauche. Cette forme lui permet de se déplacer plus discrètement, mais elle demande une concentration constante. Sous la surface, le lama originel et l’Ether Noir restent toujours présents, prêts à resurgir.

Pour augmenter durablement sa réserve d’Ether Noir et améliorer ses capacités, Striikz doit absorber des artefacts des Anciens. Chaque artefact absorbé laisse une trace en lui — une nouvelle cicatrice d’énergie, une modification subtile de la fumée noire, un renforcement de son lien avec l’Ether — et augmente sa capacité globale.

Chapitre V

Le Nexus Noir

Au cœur des déserts de Nyxos s’élève une mégastructure dont personne ne connaît vraiment l’origine. Bien avant la disparition des Anciens, elle dominait déjà l’horizon.

Une montagne artificielle de métal noir absolu s’élève à plusieurs kilomètres au-dessus des dunes. Autour de son sommet gravitent d’immenses anneaux suspendus, défiant toutes les lois connues de la physique. Aucun moteur n’est visible. Aucun système de propulsion ne peut être détecté. Ils sont simplement là. Comme si la structure existait depuis toujours.

Les tempêtes électriques frappent continuellement ses flancs sans jamais laisser la moindre trace. Lorsque les éclairs illuminent brièvement sa surface, d’innombrables motifs inconnus apparaissent dans le métal avant de disparaître aussitôt dans l’obscurité.

Les rares survivants ayant aperçu cette mégastructure l’ont surnommée le . Les archives des Anciens ne mentionnent jamais ce nom. Elles parlent uniquement du Nexus, comme si aucune autre structure semblable n’avait jamais existé.

À l’origine, le Nexus n’était ni une forteresse ni un temple. C’était un laboratoire et un observatoire des Anciens, conçu pour étudier, contenir et comprendre l’Ether Noir. Striikz ne l’a pas construit. Il l’a réveillé.

Depuis son réveil, il a considérablement renforcé ses défenses. Ce qui n’était qu’un centre de recherche est devenu une citadelle quasi imprenable.

Sous les dunes s’étend un complexe souterrain de neuf niveaux :

Niveau 1 — Halls d’Accueil & Défenses Externes
Salles vastes, froides et oppressantes. Plafonds très hauts, métal noir mat, lumières bleutées très faibles. Canons gravitiques, champs de distorsion spatiale, tourelles d’énergie noire et pièges de compression protègent les approches. Très peu d’Ombres y restent longtemps.

Niveau 2 — Hangars Principaux
Immenses hangars presque cathédralesques. Échos lointains, lumières orange et bleues qui balayent lentement les coques. Capable d’accueillir une grande partie de la flotte (physique et fantôme). Zones de réparation et de maintenance pilotées par les Ombres de Pilotage.

Niveau 3 — Arsenaux & Salles d’Entraînement
Ambiance plus industrielle et brutale. Arsenaux d’armes lourdes et légères, salles d’entraînement au combat, simulateurs de combat spatial et terrestre. Les Ombres de Combat et de Commandement y évoluent en permanence.

Niveau 4 — Laboratoires de l’Ether
Silence tendu, air plus lourd, lumières violettes et bleues. Laboratoires d’étude de l’Ether Noir, salles d’absorption d’artefacts, chambres de stabilisation et zones de confinement pour les reliques instables. L’un des niveaux les plus importants pour la progression de Striikz.

Niveau 5 — Archives des Anciens
Ambiance solennelle et inquiétante. Données fragmentées, mentions cryptiques des menaces anciennes, cartes et enregistrements incomplets. Même Striikz n’a pas encore tout déverrouillé. Certains verrous semblent réagir à sa présence… d’autres la rejettent.

Niveau 6 — Le Sanctuaire (Oasis)
Le seul endroit du Nexus où le temps semble s’écouler différemment. Oasis artificielle aux rivières cristallines et à la végétation luxuriante. Lumière douce, silence presque irréel. Le seul lieu où l’Ether Noir est naturellement stable. Striikz y vient lorsque la pression devient trop forte.

Niveau 7 — Zones de Confinement Profond
Oppressant, glacial, silencieux au point d’être angoissant. Multiples couches de scellés anciens renforcés par les défenses de Striikz. Certaines salles contiennent des artefacts trop dangereux. D’autres contiennent des choses que même les Anciens ont préféré enterrer pour toujours.

Niveau 8 — Le Cœur du Nexus
Monumental et presque organique. Centre de contrôle principal et interface directe avec la conscience de la structure. C’est ici que Striikz ressent le plus fortement la présence ancienne qui l’observe depuis le début.

Niveau 9 — La Grande Salle du Réacteur à Ether
Salle cyclopéenne plongée dans une lumière bleu-noir. Le Réacteur à Ether puise simultanément dans l’énergie du trou noir d’Eventide et dans l’Ether Noir lui-même. Des anneaux gravitiques tournent lentement autour de son cœur. Des flux d’énergie pure parcourent les murs comme des veines. C’est le niveau le plus profond, le plus critique, et le plus dangereux. Si ce réacteur est endommagé, c’est tout le Nexus qui risque de s’effondrer… ou de se réveiller complètement.

Chapitre VI

Lama Worlds

Avec les années, des rumeurs commencèrent à circuler dans les systèmes périphériques. Des histoires parlant d’une flotte noire apparaissant sans prévenir dans des zones interdites, de silhouettes aux yeux orange marchant dans les tempêtes de Nyxos, d’un seigneur silencieux manipulant une énergie que personne ne comprenait, et d’une forteresse cachée dans un système disparu des cartes stellaires.

La flotte de Striikz n’est ni entièrement physique ni entièrement fantôme. C’est un mélange des deux. Une partie est composée de vaisseaux solides, réparés, modifiés et pilotés par des Ombres. L’autre partie est plus éthérée : coques semi-transparentes, signatures énergétiques absentes, capacité à apparaître et disparaître sans laisser la moindre trace. Ensemble, elles forment une force extrêmement difficile à analyser, à suivre, et presque impossible à intercepter.

Peu à peu, un nom finit par émerger. .

Pour certains, il s’agit d’une faction secrète. Pour d’autres, d’un empire renaissant dans les profondeurs d’Eventide. Mais personne ne connaît réellement la vérité. Car Striikz ne cherche ni conquête ni domination. Il se prépare.

Depuis le jour où l’Ether Noir a fusionné avec lui, une présence semble l’observer à travers les profondeurs du vide. Quelque chose d’ancien. Quelque chose d’immense. Et chaque bataille, chaque artefact absorbé, chaque utilisation de ses pouvoirs les plus destructeurs semble lentement rapprocher son réveil.

Dans le système d’Eventide et au-delà, de premiers signes troublants ont commencé à apparaître. Des structures noires parfaitement géométriques, sans aucune trace d’usure, découvertes dans des zones isolées. Des régions où la matière elle-même semble avoir été consumée de l’intérieur, comme aspirée. Des signaux impossibles captés par le Nexus, que même les archives des Anciens ne parviennent pas à identifier. Des carcasses de formes inconnues, ni organiques ni purement mécaniques, à moitié ensevelies sous les dunes ou dérivant dans le vide.

Deux noms commencent à circuler dans les rares fragments d’archives encore accessibles :

et .

Pour l’instant, ce ne sont que des ombres. Des anomalies. Des choses qui n’auraient jamais dû exister.

Mais quelque chose, quelque part, a commencé à bouger.